La Maîtresse de guerre, Gabriel Katz, Scrineo

CatégorieLittérature ado, Littératures
ParMélanie

Kaelyn, fille de maître d’armes, se voit retirer son héritage à la mort de son père. Elle qui ne rêve que de combattre ne trouve aucun maître prêt à reprendre son entraînement. La guerre est une affaire d’hommes

Elle décide alors de quitter le Nord pour rejoindre la grande armée des Libérateurs en direction du lointain sultanat d’Azman, peuplé de barbares esclavagistes et cannibales.

Faite prisonnière dès le premier affrontement, Kaelyn se retrouve esclave au service du puissant maître de guerre Hadrian. Loin des combats, elle vit la guerre depuis l’intérieur de la capitale et réalise que les barbares ne sont peut-être pas là où elle le pensait.

Il lui faudra lutter pour quitter le statut d’esclave et s’imposer, malgré son sexe, comme une combattante digne de ce nom. Elle se fera des alliés, mais attisera également la jalousie de redoutables ennemis…

 

Voilà un roman dont il est difficile de parler sans trop en dire. Kaelyn est une héroïne à laquelle on s’attache, pleine d’espoir et de détermination. L’inspiration orientale d’Azman nous dépayse et apporte un peu de fraîcheur au coeur de la guerre qui s’éternise. L’action est très présente, et la stratégie militaire a sa place dans les combats. Le personnage d’Hadrian, plus froid et distant, a lui aussi son charme et m’a un peu rappelé celui de Thorn dans La Passe-miroir (même s’il finit par se révéler moins froid et distant que ce dernier).

En bref, un très bon roman de fantasy qui mérite le détour, accessible également à ceux qui n’ont pas l’habitude d’en lire.

 

Mélanie Delaporte

Maylis de Kerangal, Réparer les vivants, Verticales.

CatégorieLittératures
ParPhilippe

Nous commençons le livre au Havre un dimanche de février au milieu de la nuit, trois jeunes garçons dont Simon Limbres ont décidé d’aller surfer, la météo s’y prête. ils ont 18 ans et l’insouciance qui va avec. La session finie ils reviennent vers la ville dans leur Van et leurs destins basculent… Simon est maintenant à l’hôpital dans un état de mort cérébrale, le médecin de garde,  Pierre Révol, est là pour accompagner la douleur d’une famille et la tragédie se déplace qui va nous propulser aux côtés de Marianne et Sean qui doivent prendre une décision douloureuse pour leur enfant. Nouvelle translation  qui va nous conduire ensuite auprès d’autres personnages touchés par la décision des parents de Simon. Nous vivons ainsi 24 heures bouleversantes comme ce roman… et d’un cœur qui va changer d’enveloppe corporelle : « Enterrer les morts et réparer les vivants ». De ce sujet ambitieux mais difficile, Maylis de Kerangal nous offre un roman d’une force rare et d’une intensité ravageuse.

MAGNIFIQUE!!!!!!!!

Philippe Soussan.

Jonas Jonasson, L’analphabète qui savait compter, Presses de la Cité

CatégorieLittératures
ParAmi(e) des Vraies Richesses

Deuxième roman de Jonas Jonasson, auteur du Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, L’analphabète qui savait compter nous emmène de l’Afrique du Sud encore sous le régime de l’apartheid jusqu’en Suède aujourd’hui, des videurs de latrines de Soweto à sa majesté Charles Gustave. De rencontres improbables en personnages décalés, nous traversons plusieurs décennies en compagnie d’une analphabète surdouée pour les maths et les langues, d’une bombe nucléaire qui n’existe pas et d’un jumeau jamais déclaré.

A travers des situations souvent loufoques et des rebondissements inattendus, Jonasson dresse un tableau moqueur de la politique et de ses dessous peu reluisants. S’il abandonne l’esprit de sérieux (comme l’auteur) et le souci de vraisemblance, le lecteur passera quelques heures pleines de fantaisie et de drôlerie avec des personnages dont on aimerait bien rencontrer certains.

Monique Pearce