Malcolm Mackay, « Il faut tuer Lewis Winter » & « Comment tirer sa révérence », Liana Levi

CatégoriePolar
ParAmi(e) des Vraies Richesses

Découverte d’un auteur au ton particulier.

Son tueur attitré se remettant d’une opération de la hanche, l’organisation fait appel à un talent qui monte. Place au jeune, donc ! Et quel jeune ! Il est si consciencieux, ce tueur, si professionnel, tellement soucieux de garder son indépendance vis-à-vis de l’organisation pour laquelle il va « travailler » ! Nous ne lui voulons que du bien !

Malcolm Mackay décrit le monde de la pègre comme il le ferait du monde de la santé, de l’éducation ou des affaires. Sans « glamour » et sans violence excessive. Business is business. Nous suivons le cheminement intérieur des personnages principaux, le point de vue changeant selon les chapitres tandis que l’action avance dans une ville de Glasgow qui n’est qu’une toile de fond aux tons sourds. Par son refus du pittoresque, Malcolm Mackay focalise l’attention du lecteur sur le monde intérieur des personnages et leur passage à l’acte n’est que l’aboutissement logique de la complexité des liens qui se nouent ou se défont.

C’est par un style très épuré et un ton faussement détaché que Malcolm Mackay réussit le tour de force de faire souhaiter au lecteur que rien de grave n’arrive aux deux tueurs professionnels qui sont les personnages centraux de ces deux volumes. On retrouve dans la deuxième partie la technique adoptée dans la première mais avec encore plus de virtuosité. Plongé au cœur des calculs, appréhensions, doutes et désirs des personnages, le lecteur voit se tisser peu à peu l’inévitable. Il comprend que dans ce monde-là il n’est point de liberté de choix.

A bientôt pour la 3e partie de la Trilogie de Glasgow.

Monique Pearce